Chaque hiver, le même rendez-vous revient dans les rédactions sportives françaises. Pendant une dizaine de jours, des chaînes de télévision, des radios et des médias numériques s’engagent à donner davantage de place aux athlètes femmes, à leurs compétitions et aux enjeux de la pratique sportive féminine. Cette mobilisation porte un nom devenu familier : « Sport Féminin Toujours ». En 2026, elle s’est tenue du 24 janvier au 1er février, sous la coordination de l’Arcom, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.
Née en 2014, l’opération en est à sa douzième édition. Derrière l’image de la campagne de sensibilisation se cache un travail de fond : l’Arcom ne se contente pas d’inviter les médias à diffuser plus de sport féminin, elle mesure aussi année après année l’évolution réelle de cette médiatisation. Et les chiffres qu’elle publie racontent une histoire à deux vitesses : des progrès spectaculaires lors des grands événements, mais un quotidien encore très déséquilibré le reste de l’année.
L’opération « Sport Féminin Toujours » 2026 de l’Arcom #
L’Arcom décrit « Sport Féminin Toujours » comme une opération annuelle visant à promouvoir une meilleure représentation du sport féminin dans les médias audiovisuels et numériques. Concrètement, l’autorité accompagne les éditeurs — chaînes et radios — dans la valorisation des compétitions féminines et dans la diffusion de contenus contribuant à l’égalité entre les femmes et les hommes dans le sport.
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Le principe est incitatif et non contraignant : pendant la semaine de l’opération, les médias partenaires sont encouragés à programmer des retransmissions de compétitions féminines, à consacrer des reportages et des débats aux sportives, mais aussi à donner la parole à davantage d’expertes et de dirigeantes du monde sportif. L’idée n’est pas seulement de montrer des matchs, mais de diversifier les regards portés sur les athlètes femmes.
Pour 2026, la marraine de l’opération était Sophie Leclerc, joueuse de l’équipe de France féminine de hockey sur glace, qui s’apprêtait à disputer pour la première fois, avec ses coéquipières, les Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026. Un symbole choisi à dessein : son sport, longtemps perçu comme masculin, illustre le chemin parcouru. « Les femmes n’ont pu accéder au hockey sur glace qu’en 1983. Aujourd’hui, ce sont plus de 3 500 hockeyeuses licenciées », rappelait-elle dans le cadre de l’opération.
Pourquoi c’est important #
On pourrait croire qu’une simple campagne de communication ne pèse pas lourd face aux logiques économiques de l’audiovisuel. Mais la médiatisation est précisément le nerf de la guerre du sport féminin. Sans exposition télévisée, pas de sponsors visibles ; sans sponsors, des budgets contraints ; sans budgets, des conditions de pratique qui restent en retrait par rapport au sport masculin. La visibilité dans les médias n’est pas un supplément d’âme : c’est un moteur économique et un facteur de vocations.
C’est aussi une question de représentation. Les jeunes filles qui ne voient jamais de sportives à l’écran intègrent, parfois inconsciemment, l’idée que le sport de haut niveau ne leur est pas destiné. À l’inverse, la visibilité de modèles féminins — joueuses, entraîneuses, dirigeantes, commentatrices — agit sur les imaginaires et sur la pratique. L’enjeu dépasse donc largement le périmètre du spectacle sportif.
Ce que l’on ne montre pas à l’écran n’existe pas dans l’imaginaire collectif. La médiatisation est la première marche de l’égalité dans le sport.
L’autre raison qui rend cette opération importante tient à la demande du public. L’Arcom insiste sur un point souvent oublié : l’audience est au rendez-vous quand le sport féminin est diffusé. La frilosité supposée des spectateurs ne résiste pas aux données. C’est tout l’argument de l’autorité face aux diffuseurs : montrer du sport féminin n’est pas un sacrifice d’audience, c’est une opportunité.
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Les chiffres de la médiatisation #
Pour comprendre pourquoi l’opération existe encore après douze ans, il faut regarder les données que l’Arcom collecte. Le point de départ est sévère : selon l’analyse de l’autorité sur le poids des retransmissions sportives, le sport féminin ne représentait, en 2021, que 4,8 % du total des diffusions sportives sur l’ensemble du média télévision, contre 74,2 % pour le sport masculin et environ 21 % pour les compétitions mixtes. Autrement dit, hors grands événements, le sport féminin restait largement invisible à l’écran.
Le contraste avec les grands rendez-vous est saisissant. Lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, l’Arcom a relevé que 42 % du volume horaire de retransmission d’épreuves concernait du sport féminin — un taux record, porté par une parité quasi totale des athlètes engagés. Sur l’ensemble des retransmissions sportives de la période des Jeux, la part du volume horaire consacrée au sport féminin a atteint 21,4 %, contre 31,8 % pour le sport masculin. La preuve qu’un cadre volontariste et un événement mondial peuvent transformer radicalement l’équation.
Côté public, l’Arcom met en avant des données qui contredisent les idées reçues : 62 % des Français de 15 ans et plus déclarent consommer des contenus de sport féminin dans les médias, et 64 % se disent prêts à en regarder davantage si l’offre télévisée était plus importante. Un appétit réel, qui place la balle dans le camp des diffuseurs.
| Indicateur | Donnée | Source / contexte |
|---|---|---|
| Part du sport féminin dans les diffusions sportives TV | 4,8 % | Arcom, analyse 2018-2021 (donnée 2021) |
| Volume d’épreuves retransmises féminines aux JO Paris 2024 | 42 % | Arcom, bilan des Jeux de Paris 2024 |
| Part du sport féminin dans l’ensemble des retransmissions (période JO) | 21,4 % | Arcom (vs 31,8 % pour le sport masculin) |
| Français de 15 ans+ consommant du sport féminin | 62 % | Arcom, panorama des pratiques |
| Prêts à regarder plus de sport féminin si l’offre augmentait | 64 % | Arcom, panorama des pratiques |
Les avancées #
Douze éditions plus tard, l’opération a contribué à installer une dynamique. Le mouvement le plus visible est celui des grands événements : la couverture quasi paritaire des épreuves olympiques de Paris 2024 aurait été impensable il y a quinze ans. Le football, le rugby, le basket, le handball et le cyclisme féminins disposent désormais de cases régulières sur des chaînes nationales et des plateformes spécialisées, là où ils étaient quasi absents au lancement de l’opération en 2014.
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La mobilisation des diffuseurs s’élargit aussi. En 2026, l’opération a réuni des médias généralistes comme spécialisés, nationaux et locaux : aux côtés du service public, des groupes privés et des chaînes sportives se sont engagés à traiter le sport féminin sous différents angles pendant la semaine, à travers retransmissions, reportages et émissions dédiées. RMC et Radio France figuraient parmi les médias ayant publiquement annoncé leur soutien à l’édition 2026.
Les grands événements
Des cases régulières
Une demande prouvée
Une mesure pérenne
Reste un défi de taille : transformer les pics événementiels en présence durable. L’écart entre les 42 % atteints aux JO de Paris 2024 et les 4,8 % du quotidien télévisuel de 2021 résume tout l’enjeu des prochaines années. L’opération « Sport Féminin Toujours » ne prétend pas combler ce fossé à elle seule, mais elle entretient une pression bienveillante et un suivi statistique qui empêchent le sujet de retomber dans l’oubli entre deux grands rendez-vous.
Questions fréquentes #
Qu’est-ce que l’opération « Sport Féminin Toujours » ?
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Quelle est la part du sport féminin à la télévision française ?
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Qui était la marraine de l’édition 2026 ?
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Le public est-il intéressé par le sport féminin ?
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Quels médias participent à l’opération ?
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Sources : Arcom et presse. Article mis à jour régulièrement.